Le foncier
Cette partie présente les recherches des élèves sur les enjeux fonciers au sein de la réserve des Bouches de Bonifacio.
L'histoire
Les Bouches de Bonifacio s’inscrivent dans une histoire longue, marquée par les échanges, les conflits et les activités humaines. De la Préhistoire à aujourd’hui, cet espace a progressivement évolué pour devenir un territoire protégé, symbole d’un équilibre entre héritage historique et enjeux environnementaux.
L'habitat et la flore
La réserve des Bouches de Bonifacio abrite une biodiversité exceptionnelle, caractérisée par une grande diversité d’habitats marins et littoraux. Ces milieux fragiles, essentiels à l’équilibre écologique, constituent un patrimoine naturel unique qu’il est nécessaire de préserver.
Espaces de protection
Face à la richesse et à la fragilité de ses écosystèmes, la réserve des Bouches de Bonifacio bénéficie de plusieurs dispositifs de protection. Ces mesures visent à encadrer les activités humaines tout en assurant la conservation durable de la biodiversité.
Tourisme et économie
Les Bouches de Bonifacio sont un territoire attractif, où le tourisme occupe une place centrale dans l’économie locale. Toutefois, cette fréquentation croissante soulève des enjeux majeurs, nécessitant de concilier développement économique et préservation de l’environnement.
Risques écologiques
Situées dans un détroit très fréquenté, les Bouches de Bonifacio sont exposées à de nombreux risques écologiques. Entre pollution, trafic maritime et pression touristique, cet espace naturel fragile doit faire face à des menaces constantes qui nécessitent une gestion rigoureuse et adaptée.
Podcasts
Dans le cadre du projet « Trà Mare è Monti » sur la réserve des Bouches de Bonifacio, les élèves ont rencontré différents acteurs engagés dans sa protection. À travers ces podcasts, ils vous proposent de découvrir leurs témoignages et les enjeux liés à cet espace naturel exceptionnel.
Répartition des tâches
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Liste des élèves
| AIT SIDI LAHCEN | Aissam |
| AJENDOUZ | Mahel |
| BAGGIONI | Marc-Alexandre |
| BAGGIONI | Olivia |
| BATTESTI | Anna |
| BONCHRISTIANI | Marian |
| BRU | Pierre-Jean |
| CHOMEAU | Andréa |
| COUBARD | Nathan |
| DEPIEDS PINGUET | Manon |
| GUILLOREAU | Ambre |
| HARCARIK | Jessica |
| JACOB | Lilou |
| KEHEL–LUCCHETTI | Inès |
| LE GALL LANDUCCI | Romane |
| MAZOYER | Aure |
| MELIJI | Anir Moustapha |
| OYART | Yanis |
| PAOLINI | Marie-Lisa |
| PIGA | Livia |
| PINNA | Milia |
| RIBOULET-OWCA | Camille |
| ROSCA | Stefania |
| SAMPIERI | Marie |
| SIMONGIOVANNI | Jean-Charles |
| STEFAN | Alessia |
| WONÉ | Baptiste |
Le Foncier
« La Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio repose sur un système de zonage permettant d’adapter les usages en fonction de la sensibilité des milieux. Certaines zones bénéficient d’une protection renforcée afin de limiter les pressions liées aux activités humaines, notamment le tourisme.
Ce découpage du territoire permet de concilier protection environnementale et activités humaines, en orientant les usages vers les espaces les moins fragiles tout en préservant les zones les plus sensibles. » Antoine Canonici

La Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio est créée par le décret du 23 septembre 1999 et concerne un grand espace surtout marin, situé à l’extrême sud de la Corse, dans le département de la Corse‑du‑Sud.
Son périmètre administratif touche cinq communes : Porto‑Vecchio, Bonifacio, Figari, Pianottoli‑Caldarello et Monacia‑d’Aullène.
La superficie totale annoncée par le texte de création est de 79 460 hectares, ce qui en fait une des plus grandes réserves de France métropolitaine !
Le « foncier » de la réserve mélange des parties terrestres (îles, étangs, plateaux, parcelles du cadastre) et des espaces maritimes, dont du domaine public maritime.
Cependant, le décret précise aussi des exclusions : la partie terrestre de l’île de Cavallo, l’îlot de San Bainsu et le domaine terrestre des îles Cerbicale ne sont pas classés dans la réserve au titre de ce décret.
Source : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000212517
| Acteur | Rôle sur le foncier |
| État (préfet de Corse / préfets) | Autorité administrative |
| Collectivité de Corse | Pilote politique (création/organisation des réserves naturelle de Corse). |
| OEC | Gestionnaire opérationnel (surveillance, entretien, actions). |
| Conservatoire du littoral | Propriétaire/acquéreur d’espaces littoraux |
| Communes | Urbanisme (PLU), police baignades/activités |
| ONF | Gestion durable de forêts publiques (hors mer) |
| Propriétaires privés | Parties prenantes lors des procédures (accords, enquêtes, notifications). |
L'histoire
Avant-propos sur l’histoire de la Réserve Naturelle :
« La mise en place de la réserve des Bouches de Bonifacio s’inscrit dans une dynamique locale ancienne. Avant même la création officielle de la réserve, les pêcheurs ont eux-mêmes instauré des zones de protection afin de préserver les ressources marines.
Ces initiatives ont ensuite été renforcées par la création d’une réserve naturelle, illustrant une prise de conscience progressive de la nécessité de protéger durablement cet espace exceptionnel. » Damien Catoire
Préhistoire : les premières occupations humaines

Le site de Bonifacio est occupé depuis la Préhistoire, avec des traces de présence humaine remontant à environ 7000 ans avant notre ère, comme en témoigne la découverte de la célèbre “Dame de Bonifacio” par François de Lanfranchi. Source : https://www.bonifacio-mairie.fr/decouvrir-la-ville/histoire/
Plus largement, la Corse connaît un peuplement ancien dès le VIIe millénaire av. J.-C., avec des groupes de chasseurs-cueilleurs puis des sociétés agricoles au Néolithique. Source : L’Express n°3183 du 4 juillet 2012
Antiquité : une île ouverte sur la Méditérranée
Au cours de l’Antiquité, la région est occupée successivement par plusieurs peuples :
Phéniciens, Carthaginois, Grecs (Phocéens) puis Romains. Source : https://www.bonifacio-mairie.fr/decouvrir-la-ville/histoire/
Des vestiges archéologiques témoignent de cette présence, notamment des installations romaines et des activités économiques liées au littoral.
Moyen Âge : naissance de la cité
L’origine de Bonifacio remonterait à 828 après J.-C., bien que son origine exacte reste discutée.
À partir du XIIe siècle, la ville devient un enjeu stratégique majeur en Méditerranée, notamment entre Pise et Gênes. Gênes finit par s’imposer et développe la cité, en y installant une colonie et en renforçant ses fortifications. Source : https://www.bonifacio-mairie.fr/decouvrir-la-ville/histoire/
XVe siècle : le siège de Bonifacio (1420-1421)

En 1420, le roi d’Aragon lance une attaque majeure contre Bonifacio, avec une flotte importante. La ville est assiégée pendant plusieurs mois. Source : Corse Matin du 01/12/2025
Malgré la supériorité militaire de l’ennemi, les habitants résistent avec courage. Grâce à l’arrivée de renforts génois, le siège échoue en janvier 1421. Source : Corse Matin du 28/11/2025
XVIe siècle : conflits

En 1541, l’empereur Charles Quint fait escale à Bonifacio après une tempête, dans un contexte de tensions en Méditerranée face aux pirates barbaresques. Source : Corse Matin du 28/11/2025
Quelques années plus tard, en 1553, la ville subit un nouveau siège mené par des forces franco-turques. Malgré une forte résistance, la ville finit par être prise avant d’être restituée à Gênes. Source : https://www.bonifacio-mairie.fr/decouvrir-la-ville/histoire/
L’habitat et la flore

« La protection de l’environnement dans la réserve repose sur la préservation des écosystèmes dans leur ensemble, et non uniquement sur certaines espèces. Les milieux naturels, comme les herbiers de posidonie, jouent un rôle essentiel dans l’équilibre écologique en abritant une grande diversité d’espèces. Ces habitats constituent un patrimoine naturel fragile, dont la conservation est indispensable pour maintenir la biodiversité marine et littorale » Antoine Canonici
La biodiversité en Corse, notamment dans la région des Bouches de Bonifacio, représente un patrimoine naturel très riche mais aussi fragile. Située entre la Corse et la Sardaigne, cette zone constitue la plus grande réserve naturelle de France métropolitaine avec environ 80 000 hectares. Elle regroupe de nombreux paysages et milieux naturels comme les falaises, les grottes marines, les îles Lavezzi et les fonds marins protégés. Ces espaces accueillent une grande diversité d’espèces animales et végétales, par exemple le puffin Scopoli, le cormoran huppé ou encore le mérou (Office municipal de tourisme de Bonifacio).
« Les scientifiques étudient ces milieux afin de mieux comprendre leur fonctionnement et de protéger les espèces qui y vivent. Ils réalisent un suivi régulier de la faune et de la flore pour observer leur évolution et analyser l’impact des activités humaines, comme le tourisme. Pendant la période de confinement la fréquentation humaine a fortement diminué, ce qui a permis d’observer plus facilement certaines espèces, même si les chercheurs estiment qu’il faut encore du temps pour tirer des conclusions précises (Nadia Amar). »



« Certains écosystèmes marins jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de la Méditerranée. C’est le cas des herbiers de posidonie, qui produisent de l’oxygène, captent le carbone et servent d’habitat à de nombreuses espèces marines. Cependant, ces herbiers peuvent être endommagés par certaines activités humaines, notamment l’ancrage des bateaux. Dans certains cas, la justice peut reconnaître un préjudice écologique afin de réparer les dommages causés à ces milieux naturels » (Noël Krsin, Corse Matin, 2024).
Les chercheurs étudient aussi certaines espèces pour mieux comprendre leur présence dans ces écosystèmes. Par exemple, l’étude du rat noir dans les îles Lavezzi permet d’observer la taille et la répartition des populations grâce à des méthodes de piégeage et de marquage. Ces recherches aident à comprendre comment les espèces évoluent en fonction de leur environnement et des ressources disponibles (bulletin scientifique, 1987).
« Malgré leur richesse, ces milieux restent menacés par différentes activités humaines. La pollution maritime, le trafic de navires ou encore des accidents en mer qui peuvent endommager les fonds marins et perturber les espèces. La mise en place de règles de protection peut parfois créer des tensions avec certaines activités économiques, comme la pêche, car certains professionnels craignent que ces réglementations limitent leur travail » (Jean-Philippe Scapula).
« En corse, précisément à Bonifacio, des espèces endémiques ne sont pas forcément protégées et inversement. Il existe des espèces qui ne sont pas endémiques et qui se trouve protégées. Cela peut dépendre de la quantité de l’espèce. » (Lisa Giovannoni)
Pour préserver ces espaces naturels, plusieurs mesures de protection ont été instaurées dans la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio. À ce propos, il existe différents types de protection : la réglementation permettant d’exclure, de restreindre ou d’organiser les activités humaines qui mettent en cause le patrimoine à protéger. Il est notamment interdit de porter atteinte aux animaux, aux plantes ou aux minéraux présents dans la réserve. Le mouillage des bateaux est aussi encadré afin de protéger les herbiers de posidonie, et certaines zones interdisent totalement la pêche ou la plongée sous-marine (Office municipal de tourisme de Bonifacio).
Ainsi, la région des Bouches de Bonifacio constitue un espace naturel exceptionnel qui nécessite une surveillance et une gestion attentive afin de préserver durablement sa biodiversité.
« La réserve des Bouches de Bonifacio, en tant que réserve naturelle, possède plusieurs niveaux de protection afin de préserver les écosystèmes et les espèces face aux pressions anthropiques, c’est-à-dire aux activités humaines.
Ces niveaux de protection varient en fonction de la sensibilité des zones et de leur exposition au tourisme. Ainsi, la mise en place d’un zonage permet de protéger plus efficacement les espaces les plus fragiles. » (Antoine Canonici)
Espaces de protection
« La réserve fonctionne selon plusieurs niveaux de protection, adaptés à la fragilité des milieux. Les zones les plus sensibles sont strictement encadrées, voire interdites à certaines activités, afin de garantir la préservation des espèces et des habitats.
Ces espaces protégés jouent également un rôle de réservoir biologique. Comme l’explique Damien Catoire, les zones interdites à la pêche permettent aux poissons et aux crustacés de se développer avant de se diffuser vers les zones exploitées, ce qui bénéficie directement aux pêcheurs. » Antoine Canonici et Damien Catoire
La réserve naturelle des Bouches de Bonifacio s’inscrit dans un système de protection multi-niveaux, combinant des dispositifs nationaux et européens. Elle est notamment intégrée au réseau Natura 2000, qui vise à préserver les habitats et les espèces à l’échelle européenne.
Ce site couvre près de 94 612 hectares exclusivement marins, ce qui en fait un espace de protection majeur en Méditerranée. Source : FR9402015 – Bouches de Bonifacio, Iles des Moines du 01/03/2019
Le périmètre de la réserve abrite une grande diversité de milieux naturels :
- herbiers de posidonies
- récifs rocheux
- zones sableuses
- estuaires et lagunes
Ces habitats constituent des écosystèmes essentiels, notamment pour la biodiversité marine. Les herbiers de posidonies, en particulier, jouent un rôle fondamental en tant que puits de carbone et refuge pour de nombreuses espèces. Source : Corse Matin du 04/02/2024
Afin de préserver ces milieux fragiles, la réserve est divisée en plusieurs zones avec des niveaux de protection différents :
- zones de protection renforcée
- zones de non-prélèvement
- espaces réglementés pour la navigation et la pêche
Ces dispositifs permettent de limiter les pressions liées aux activités humaines, notamment :
- la navigation
- le mouillage des bateaux
- la pêche
- les activités touristiques
Source : FR9402015 – Bouches de Bonifacio, Iles des Moines du 01/03/2019
Tourisme et économie
« La réserve des Bouches de Bonifacio est un territoire très attractif, notamment grâce à ses paysages remarquables comme les îles Lavezzi ou les falaises de Bonifacio. Le tourisme constitue une activité économique essentielle pour la région.
Cependant, cette fréquentation importante peut engendrer des pressions sur les milieux naturels. Comme le souligne Damien Catoire, la présence excessive de touristes peut parfois contraindre les pêcheurs à quitter certaines zones.
La gestion de cet équilibre repose sur une approche de développement durable, visant à concilier activité économique et protection de l’environnement, notamment à travers des mesures comme l’encadrement de la fréquentation. » Antoine Canonici et Damien Catoire
La richesse de la réserve attire un nombre très élevé de visiteurs. Avant la crise sanitaire, environ 3 millions de touristes se rendaient chaque année à Bonifacio (Corse Matin, 31/08/2021), et les chiffres actuels sont estimés similaires (Insee). La commune, qui compte seulement 3 300 habitants, peut accueillir jusqu’à 15 000 personnes en été (Le Figaro, 22/05/2023). Les îles Lavezzi, en particulier, sont très fréquentées : elles accueillent entre 250 000 et 300 000 visiteurs par an, avec des pics pouvant atteindre jusqu’à 4 500 personnes en une seule journée (Le Figaro, 16/05/2023 ; Corse Matin, 17/06/2022). Sur certains espaces très réduits, comme une plage de 9 000 m², plusieurs milliers de personnes peuvent être présentes en même temps, ce qui montre l’intensité de la fréquentation.
Cette situation correspond à un phénomène de surtourisme, particulièrement visible en été. La présence massive de visiteurs exerce une forte pression sur les milieux naturels. Les bateaux, très nombreux dans la zone, peuvent endommager les herbiers de posidonie à cause de leurs ancres, alors que ces plantes jouent un rôle essentiel pour la biodiversité marine (Corse Matin, 20/02/2020).
De plus, la fréquentation humaine perturbe les animaux, notamment les oiseaux marins pendant leur période de reproduction. Le passage répété des touristes fragilise également la végétation, provoque de la pollution et entraîne une dégradation progressive des paysages naturels.
Le tourisme dans les Bouches de Bonifacio repose sur de nombreuses activités, principalement liées à la nature et à la mer. Les visiteurs pratiquent la randonnée, la plongée, l’observation de la faune et de la flore ou encore des excursions en bateau pour découvrir les falaises et les îles (Office du tourisme de Bonifacio ; Parc naturel). Le tourisme maritime est particulièrement important : Bonifacio accueille 44 % de la flotte de grande plaisance en Corse, et le port représentait environ 60 % de l’économie locale en 2019 (Office du tourisme de Bonifacio). À l’échelle de la Corse, le tourisme représente environ 40 % du PIB et jusqu’à 80 % de l’activité en été (Le Figaro, 22/05/2023).

Cependant, cette dépendance au tourisme rend la situation complexe. D’un côté, il est indispensable à l’économie locale ; de l’autre, il menace directement l’environnement. Certains espaces illustrent particulièrement ces tensions, comme l’île de Cavallo. Connue pour ses villas de luxe appartenant à des milliardaires, cette île est devenue un lieu très exclusif, parfois difficile d’accès pour le public, et où certaines règles d’urbanisme ou de protection de l’environnement ne sont pas toujours respectées (Le Figaro, 20/10/2025).
Face à ces problèmes, les autorités ont mis en place plusieurs mesures pour mieux gérer la fréquentation. Des quotas ont été instaurés afin de limiter le nombre de visiteurs, avec un objectif d’environ 200 000 visiteurs maximum par an sur certains sites, ainsi qu’une limite de 2 000 personnes présentes simultanément sur les îles Lavezzi (Le Figaro, 16/05/2023). L’objectif est de réduire la pression touristique tout en évitant de fermer ces espaces au public. D’autres stratégies visent à encourager les touristes à venir hors saison et à promouvoir des sites moins connus afin de mieux répartir les flux (Ouest-France, 25/07/2023).

En parallèle, un tourisme plus durable est encouragé, notamment grâce au projet européen DestiMed+. Ce programme vise à développer un écotourisme respectueux de l’environnement, avec des séjours à faible empreinte carbone. Il propose des hébergements responsables, des activités encadrées, des déplacements à pied ou à vélo électrique, ainsi que l’utilisation de produits locaux et de saison (Corse Matin, 11/06/2022 ; 21/10/2021). L’objectif est de concilier découverte du territoire, respect de l’environnement et retombées économiques pour les acteurs locaux.
Enfin, les Bouches de Bonifacio s’inscrivent dans une réflexion plus large sur l’avenir du tourisme en Méditerranée. Des débats sont organisés pour trouver un équilibre entre les activités humaines, comme la pêche ou la plaisance, et la protection des écosystèmes marins (Corse Matin, 25/02/2024). Des projets comme une réserve de biosphère entre la Corse et la Sardaigne sont également envisagés pour renforcer la protection de cet espace.
Ainsi, la Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio est un territoire à la fois exceptionnel et fragile. Le surtourisme y représente un véritable danger pour les écosystèmes, en raison de la pression exercée sur les milieux naturels. Il est donc essentiel de mettre en place des solutions durables pour préserver cet environnement tout en maintenant les bénéfices économiques du tourisme. L’enjeu est de trouver un équilibre entre protection de la nature et développement touristique, afin de garantir la préservation de ce patrimoine pour les générations futures.
Risques écologiques
« Les écosystèmes de la réserve sont confrontés à plusieurs menaces, notamment la pollution plastique, le trafic maritime et les risques liés aux hydrocarbures. Ces pollutions ont des impacts importants sur la biodiversité, perturbant les cycles de vie des espèces et dégradant les habitats.
La pollution sonore liée aux bateaux constitue également un facteur de perturbation pour la faune marine. À plus long terme, ces pressions peuvent entraîner un affaiblissement des écosystèmes et une diminution de la biodiversité.
La protection de la réserve repose donc sur des mesures de gestion, mais aussi sur une sensibilisation des usagers et une responsabilité collective. » Antoine Canonici
La coopération entre la Corse et la Sardaigne existe depuis la fin du XXe siècle. Elle s’est renforcée entre les années 2000 et 2010, notamment avec le développement des liaisons maritimes régulières. Chaque jour, un trafic important est assuré, notamment par des compagnies comme Moby Lines, qui effectuent plusieurs traversées de la mer Tyrrhénienne. (l’Humanité du 07/07/2000)
Ce trafic intense contribue toutefois à une augmentation de la pollution maritime. Il peut entraîner une dégradation des habitats sous-marins ainsi que des perturbations pour la faune locale. Dans ce contexte, les échanges maritimes nécessitent une gestion concertée et transfrontalière entre les différents territoires. (Corse Matin du 11/09/2019)
Le tourisme constitue l’un des principaux moteurs de ce trafic maritime. Il connaît une forte croissance, notamment pendant les périodes de vacances scolaires. Alors qu’il était autrefois concentré sur la période estivale, il s’étend désormais au printemps et à l’automne (mai, octobre). Cette augmentation de la fréquentation entraîne une hausse des risques d’accidents et rend certaines zones des Bouches de Bonifacio plus difficiles d’accès.
La pollution par les hydrocarbures a des conséquences à la fois physiques et toxiques sur la faune et la flore. Elle s’accompagne également d’une pollution sonore, qui perturbe le comportement des mammifères marins et, plus largement, l’ensemble de la faune marine.
La flore est également impactée par ces rejets. La gravité des pollutions dépend de plusieurs facteurs : les conditions météorologiques, la sensibilité du milieu, ainsi que la quantité et le type d’hydrocarbures déversés. Les hydrocarbures lourds provoquent surtout des effets physiques : en se déposant sur les côtes, ils empêchent les échanges d’oxygène et peuvent entraîner l’étouffement des organismes. En revanche, étant moins solubles, ils présentent des effets toxiques généralement plus limités. (Le Monde du 28/11/1996 article sur les opérations de pompage du cargo Fenes)
En 2019, le cargo Rhodanus s’est échoué au cœur de la réserve, transportant plusieurs dizaines de tonnes d’hydrocarbures. Bien qu’aucune pollution majeure n’ait été constatée, l’accident aurait pu provoquer une catastrophe écologique. (Le Monde du 18/10/2019)
Cargo Fenes
Source : INA – 1996
Le Rhodanus
Source : France 3 Corse Via Stella – 2019
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Dans le cadre de notre projet sur la Réserve des Bouches de Bonifacio, nous avons rencontré des acteurs engagés dans sa protection. À partir de ces échanges, nous avons créé une série de podcasts sous forme de questions-réponses pour mieux comprendre les enjeux de ce territoire exceptionnel.